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Plus personne ne paie du basilic hors de prix pour son pesto : de plus en plus de Français le préparent avec cette partie du légume qu’on jette par réflexe

Un bouquet de basilic frais coûte de plus en plus cher en supermarché, se fane en deux jours dans le bac à légumes, et finit trop souvent à la poubelle avant même d’avoir servi. Pendant ce temps, les fanes de carottes, elles, prennent le chemin du compost ou de la poubelle sans que personne n’y pense à deux fois. Une astuce anti-gaspi change la donne : mixées avec de l’huile d’olive et des graines de tournesol, ces feuilles vertes remplacent le basilic dans un pesto entièrement végétal, sans perte de saveur ni de texture.

Le principe est simple et vient tout droit des cuisines zéro déchet. On garde uniquement le sommet des fanes, là où les feuilles sont tendres, en écartant les tiges proches de la racine, souvent fibreuses et amères. Une créatrice de recettes qui a testé la méthode explique d’ailleurs qu’il vaut mieux n’utiliser que la partie supérieure des fanes car près de la racine-carotte, les tiges sont souvent coriaces et un peu amères, donc le mieux est de couper les fanes à 4-5 cm en dessous des feuilles. Une fois effeuillées, lavées et essorées, les fanes sont mixées avec de l’ail, du jus de citron, et les graines de tournesol préalablement torréfiées à sec quelques minutes à la poêle, en remplacement des traditionnels pignons de pin. L’huile d’olive vient lier le tout jusqu’à obtenir la consistance souhaitée.

À retenir

  • Une partie du légume systématiquement jetée cache un potentiel culinaire insoupçonné
  • Le blanchiment express révèle comment éliminer l’amertume redoutée de cette verdure
  • Cette solution économique fonctionne aussi avec les fanes de radis et betteraves

Une astuce qui répond à un vrai problème de gaspillage

Le geste n’a rien d’anecdotique. En France, les légumes restent la première catégorie d’aliments jetés par les ménages : selon l’ADEME, les légumes (31 %) sont les produits les plus gaspillés, devant les liquides (24%) et les fruits (19 %). Et sur l’ensemble de la chaîne alimentaire, ce sont bien les foyers qui pèsent le plus lourd dans la balance, puisque les ménages représentent 47 % du gaspillage selon les derniers chiffres Eurostat. Une carotte achetée avec ses fanes, et dont on ne consomme que la racine, c’est près d’un tiers du poids du légume qui part directement au rebut, alors qu’il pourrait finir dans un bocal de pesto.

Le raisonnement économique est tout aussi imparable. Le basilic frais, vendu en petite botte et fragile dès l’achat, représente un coût non négligeable pour un usage souvent limité à quelques plats. Les fanes, elles, arrivent gratuitement avec chaque botte de carottes vendue en grande surface ou sur les étals de marché, à condition de choisir des carottes encore pourvues de leur feuillage plutôt que déjà parées. Un réflexe qui coûte zéro euro supplémentaire et transforme un déchet en condiment maison.

La technique qui évite l’amertume

Le principal écueil de ce pesto tient à un défaut de goût que certains redoutent : l’amertume propre aux fanes crues. La parade est connue des chefs qui ont popularisé la recette : un blanchiment rapide avant le mixage. La méthode consiste à blanchir les fanes de carottes dans de l’eau bouillante pendant 1 à 2 minutes avant de les plonger dans de l’eau glacée, ce qui fixe la couleur et adoucit la texture. Cette étape, qui ne prend que quelques minutes, change radicalement le résultat final : le pesto gagne en douceur, sa couleur verte reste vive, et la texture se fait plus lisse au mixage.

Côté saveur, la comparaison avec le pesto au basilic revient souvent chez ceux qui ont testé la recette. Un blog culinaire spécialisé dans le zéro déchet note ainsi que le résultat est plus doux que son cousin au basilic, ce qui en fait une porte d’entrée accessible même pour les palais réticents aux légumes verts un peu rustiques. L’avantage pratique ne s’arrête pas là : contrairement au basilic, disponible essentiellement l’été, les fanes de carottes accompagnent les bottes toute l’année, ce qui permet de préparer ce pesto en hiver contrairement à celui au basilic.

Une préparation qui se garde et se décline

Une fois prêt, ce pesto végétal se conserve comme n’importe quelle sauce à base d’huile et d’herbes. Plusieurs recettes convergent sur une durée de conservation d’environ deux semaines au réfrigérateur, à condition de recouvrir la surface d’un filet d’huile d’olive pour éviter l’oxydation, celle-ci en effet se conserve dans un récipient hermétique au réfrigérateur pendant une semaine et 3 à 4 mois au congélateur, et s’il s’est un peu asséché, il suffit d’ajouter quelques gouttes d’huile d’olive. Pour une conservation longue durée, le passage par un bac à glaçons reste l’astuce la plus citée : chaque alvéole donne une portion individuelle, facile à sortir au coup par coup pour parfumer un plat de pâtes ou une soupe en semaine.

Sur l’assiette, ce pesto de fanes s’utilise exactement comme son cousin italien : en sauce pour les pâtes, en tartinade pour l’apéritif, en assaisonnement de légumes vapeur ou de pommes de terre rôties. Certains l’associent même à des graines de tournesol torréfiées pour remplacer les pignons. De plus, pour apporter du croquant et des gras insaturés qui rendent la préparation plus rassasiante. Le végétal remplace ainsi totalement l’animal dans cette version, puisque le parmesan, présent dans les recettes classiques, peut être omis ou substitué par de la levure maltée pour une version 100 % vegan, sans perdre en gourmandise.

Reste une question que peu de recettes abordent : celle des carottes elles-mêmes, une fois leurs fanes récupérées. Beaucoup de foyers zéro déchet appliquent le même principe aux fanes de radis ou de betteraves, preuve que le réflexe dépasse largement le seul cas de la carotte. La prochaine fois qu’une botte de légumes racines atterrit dans le cabas, jeter son feuillage sans y penser risque de devenir, tout simplement, un geste de moins en moins naturel.

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Rédigé par Vincent