À retenir
  • L’écorce blanche de pastèque contient 24,7 mg de citrulline par gramme de poids sec, plus que la chair du fruit.
  • La recette se prépare avec du vinaigre de cidre, du sucre, du sel et des épices, macérée une nuit au réfrigérateur.
  • Le bocal se conserve plusieurs semaines au réfrigérateur et accompagne parfaitement les viandes grillées et les plateaux de fromages.

Chaque année, la même scène se répète en septembre dans le Sud : jardiniers et cuisinières sortent leurs bocaux, leur vinaigre et leurs cornichons pour la grande mise en conserve de fin de saison. Mais dans certaines cuisines familiales, l’ingrédient vedette n’est pas un légume du potager. C’est la partie blanche de la pastèque, celle que la plupart des foyers jettent sans même y penser.

Cette écorce contient jusqu’à trois fois plus de citrulline que la chair rouge du fruit.

Dans le sud des États-Unis, les pickles d’écorce de pastèque font partie du patrimoine culinaire au même titre que les cornichons chez nous. L’idée surprend souvent en France, où l’écorce finit systématiquement à la poubelle ou au compost. Ce qu’on prenait pour une lubie de vieille dame économe est en réalité une technique culinaire reconnue depuis des décennies, capable de transformer ce qu’on jette habituellement en un condiment savoureux qui se conserve des mois.

Le principe reste proche de celui des cornichons classiques, avec une marinade au vinaigre, du sucre et des épices. La recette de base associe l’écorce d’une demi-pastèque en lamelles à 250 ml de vinaigre de cidre, 150 ml d’eau, 200 g de sucre et deux cuillères à café de gros sel, auxquels s’ajoutent des épices au choix comme le gingembre, le clou de girofle ou les baies roses. Le liquide bouillant est versé sur les lanières d’écorce immergées dans un bocal hermétique. Il ne reste plus qu’à laisser macérer une nuit au réfrigérateur.

Le choix du fruit compte davantage qu’on ne le croit. Toutes les pastèques ne se valent pas pour cette recette : les variétés à peau très fine ou déjà légèrement molles donnent des pickles moins croquants, tandis qu’une pastèque bien ferme offre la meilleure tenue en bouche après macération.

L’écorce contient en réalité plus de citrulline que la chair sur une base de poids sec, avec 24,7 mg par gramme contre 16,7 mg pour la pulpe. Elle apporte aussi des vitamines A, B6 et C, ainsi que du lycopène, un antioxydant associé à une meilleure santé cardiaque. Sa fibre insoluble agit comme un balai naturel dans le système digestif.

La citrulline favorise la dilatation des vaisseaux sanguins.

Les pastèques immatures affichent des concentrations de citrulline et de potassium encore plus élevées que le fruit mûr, avec des effets diurétiques et métaboliques mesurés chez la souris. Une équipe sud-coréenne a d’ailleurs testé un extrait d’écorce salée sur des rongeurs nourris avec un régime gras, avant de constater des effets sur le métabolisme des lipides.

La rind concentre naturellement deux à trois fois plus de citrulline que la chair, un phénomène lié à son rôle de réserve d’azote pour la plante.

Ce condiment, très apprécié en Amérique du Nord, accompagne à merveille la volaille rôtie, les rôtis de viande et les grillades de barbecue. La version popularisée par le chef américain David Chang a largement contribué à sa diffusion hors des frontières du Sud. Certaines cuisinières le déclinent aussi en kimchi épicé, en remplaçant simplement le chou par les lanières d’écorce blanchies. Le même produit peut finir en confiture sucrée si on préfère une version dessert plutôt qu’un condiment salé.

On le retrouve en accompagnement de viandes grillées, glissé dans une salade composée pour apporter du croquant, ou posé sur un plateau de fromages aux côtés d’un chèvre ou d’un comté. Les amateurs de plateaux d’apéritif l’utilisent souvent comme ils utiliseraient un cornichon classique. Le temps de macération minimum reste fixé à douze heures, pas moins, sous peine d’obtenir une écorce trop ferme et peu imprégnée.

Le bocal se conserve ensuite plusieurs semaines au réfrigérateur.

Reste un détail que peu de recettes mentionnent : il faut retirer la peau vert foncé à l’économe avant de couper l’écorce en lanières, pour ne garder que la partie blanche et ferme, proche en texture d’un concombre légèrement croquant. C’est cette étape de préparation, plus que la marinade elle-même, qui détermine si le bocal finira vidé en une semaine ou oublié au fond du frigo.

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