Le régime soupe aux choux dure sept jours, pas un de plus. On mange de la soupe de chou à volonté à chaque repas, et chaque jour y ajoute des aliments précis : fruits le jour 1, légumes le jour 2, mélange fruits et légumes le jour 3, bananes et lait écrémé le jour 4, bœuf ou poulet avec des tomates le jour 5, viande et légumes le jour 6, riz complet et légumes le jour 7. C’est un régime très restrictif et déséquilibré, déconseillé à plusieurs profils, qu’on ne répète pas à la suite.

La soupe de base associe chou vert, oignons, carottes, céleri, poireaux, tomates et poivron, mijotés 30 à 40 minutes, sans sel ajouté ni bouillon cube. Cette page détaille les contre-indications, la recette, le menu quotidien, le tableau récapitulatif, les inconforts à surveiller et la sortie du régime. Elle ne chiffre aucune perte de poids : l’efficacité et les kilos repris relèvent de la page sœur du cocon.

Ce que prévoit le programme, et à qui il ne convient pas

Le principe tient en une phrase : la soupe est illimitée, le reste est strictement encadré. Les versions qui circulent diffèrent sur les détails (quantités de viande, fruits autorisés, pomme de terre), et celle présentée ici est la plus courante. Elle est parfois attribuée à un hôpital, mais cette origine n’a jamais été vérifiée. Mieux vaut la lire comme une mode alimentaire que comme un protocole de soin.

Le chou vert apporte peu de calories : le tableau Ciqual de l’ANSES le situe autour de quelques dizaines de kilocalories pour 100 g, avec plusieurs grammes de fibres. Un menu qui l’associe à quelques fruits ou à de la viande maigre est donc mécaniquement hypocalorique, sans couvrir les besoins en protéines, en lipides, en calcium ou en fer. L’ANSES a d’ailleurs alerté en 2010 sur les pratiques d’amaigrissement : carences, perte de masse maigre, effet yo-yo.

Avant même de faire les courses, il faut donc vérifier qu’on peut le suivre. Il est déconseillé, ou doit être encadré par un médecin ou un diététicien, dans les cas suivants :

  • grossesse et allaitement, où les besoins nutritionnels augmentent ;
  • enfants et adolescents, en pleine croissance ;
  • diabète, car l’enchaînement de jours riches en fruits ou en bananes bouscule la glycémie et les traitements ;
  • maladie rénale, le jour riche en viande et en lait pesant sur les reins, le jour riche en bananes sur le potassium ;
  • antécédents de troubles du comportement alimentaire, que la restriction peut réveiller ;
  • traitements médicamenteux au long cours (anticoagulants, antihypertenseurs, diurétiques, antidiabétiques), dont l’efficacité peut varier quand l’alimentation change brutalement.

Un point souvent ignoré : le chou est riche en vitamine K, et en manger beaucoup peut interférer avec les antivitamines K. Le cas échéant, parlez-en à votre médecin avant de commencer, pas après.

Sept jours est le plafond affiché par les versions du programme, et la plupart des professionnels jugent qu’il vaut mieux ne pas le dépasser. Enchaîner deux semaines, ou recommencer dès la fin de la première, multiplie les carences et fatigue l’organisme. Ces régimes se tiennent mal dans le temps et ne changent pas les habitudes qui comptent.

La recette de la soupe aux choux du régime

La soupe est le socle de la semaine : autant qu’elle soit bonne, sinon le programme dure trois jours. Voici une base pour 4 à 6 portions, soit environ 2 litres une fois cuite.

Il faut un demi-chou vert (700 à 800 g), 3 oignons, 3 carottes, 2 branches de céleri, 2 poireaux, 4 tomates mûres ou une boîte de tomates concassées sans sel ajouté, 1 poivron vert, 2 gousses d’ail, un bouquet garni ou des herbes fraîches (persil, thym, laurier) et 1,5 à 2 litres d’eau. Une cuillère à café d’huile d’olive pour faire revenir les oignons est tolérée dans bien des versions, mais on peut aussi les faire suer à sec dans un peu d’eau.

Lavez et coupez tous les légumes en dés ou en lanières de 1 à 2 cm. Faites suer les oignons et les poireaux 5 minutes dans la cocotte, ajoutez l’ail, les carottes, le céleri et le poivron, puis le chou et les tomates. Couvrez d’eau, portez à ébullition, baissez le feu et laissez mijoter 30 à 40 minutes à couvert, jusqu’à ce que le chou soit tendre. Les légumes doivent rester identifiables : on ne cherche pas un velouté. Pour une texture plus lisse, mixez une louche, comme l’explique la page sur comment faire un velouté onctueux ?, et reversez-la dans la marmite.

Le goût est le talon d’Achille d’une soupe sans sel ni bouillon cube. Ce qui fonctionne : du poivre noir en fin de cuisson, du paprika fumé ou doux, du cumin, un peu de curry, des herbes fraîches ajoutées hors du feu. Un trait de jus de citron dans l’assiette relève l’ensemble, tout comme une demi-cuillère de moutarde (qui contient un peu de sel, à doser avec modération).

Préparez la marmite le dimanche, laissez-la refroidir vite dans un bac peu profond et gardez-la au réfrigérateur 2 à 3 jours, pas plus. Le reste va au congélateur en portions individuelles, qu’on décongèle la veille. La recette complète de la soupe de chou a sa propre fiche dans le cocon, à côté d’autres idées de soupe d’hiver bien moins restrictives.

Le programme jour par jour

Dans toutes les versions, la soupe se mange à volonté, à chaque repas ou en cas de faim. Les quantités ci-dessous sont indicatives : elles reprennent les valeurs les plus courantes, sans caractère officiel.

Jour 1 : soupe et fruits. Tous les fruits frais sont autorisés, sauf la banane. Pastèque, melon, pomme, poire, agrumes, fruits rouges : on les mange nature, sans sucre ni crème. Pas de légumes autres que ceux de la soupe.

Jour 2 : soupe et légumes. Légumes crus ou cuits à volonté (salades, courgettes, haricots verts, brocolis, épinards), sans fruits. On évite les légumineuses et le maïs. Le soir, une pomme de terre au four est prévue, avec au plus une petite noisette de beurre.

Jour 3 : soupe, fruits et légumes. On combine les deux journées précédentes, mais sans pomme de terre ni banane.

Jour 4 : soupe, bananes et lait écrémé. Jusqu’à trois bananes et environ un demi-litre de lait écrémé dans la journée, avec de la soupe en complément. Les personnes qui digèrent mal le lactose peuvent se tourner vers une boisson végétale sans sucre ajouté, à valider avec un professionnel.

Jour 5 : soupe, bœuf ou poulet et tomates. On compte souvent 300 à 500 g de bœuf maigre ou de poulet sans la peau, cuits sans matière grasse, avec 4 à 6 tomates. Sans avis médical, mieux vaut s’en tenir au bas de la fourchette. Boire davantage d’eau est recommandé ce jour-là.

Jour 6 : soupe, viande et légumes. Même principe que la veille, avec des légumes à volonté et sans pomme de terre. On peut remplacer la tomate par des légumes verts pour varier.

Jour 7 : soupe, riz complet, légumes et jus de fruits. Une portion de riz complet (50 à 70 g cru), des légumes à volonté et un verre de jus de fruits sans sucre ajouté.

Tableau récapitulatif : aliments autorisés, exclus et boissons

JourSoupeAliments autorisésÀ éviterBoissons
1À volontéFruits fraisBanane, autres légumesEau, thé, tisanes, café sans sucre
2À volontéLégumes crus ou cuits, pomme de terre au four le soirFruits, légumineuses, maïsEau, thé, tisanes, café sans sucre
3À volontéFruits et légumesPomme de terre, bananeEau, thé, tisanes, café sans sucre
4À volontéBananes (jusqu’à 3), lait écrémé (environ 0,5 l)Autres alimentsEau, thé, tisanes, café sans sucre
5À volontéBœuf maigre ou poulet (300 à 500 g), tomatesFéculents, matières grassesEau en abondance, thé, tisanes
6À volontéViande maigre, légumesPomme de terre, féculentsEau, thé, tisanes, café sans sucre
7À volontéRiz complet, légumes, jus de fruits sans sucre ajoutéSucre, pain, alcoolEau, thé, tisanes

Les boissons sont libres tant qu’elles restent sans calories : eau plate ou gazeuse, thé, tisanes, café sans sucre ni lait (hors jour 4), avec modération car il peut aggraver maux de tête ou palpitations quand l’alimentation est faible. À retirer pendant toute la semaine : alcool, sodas, jus sucrés (hors jour 7), pain, viennoiseries, sucre ajouté, charcuteries et plats préparés. Le pain n’est prévu à aucun moment.

Les désagréments à anticiper et la sortie du régime

Une semaine presque exclusivement composée de légumes et de fibres a des effets prévisibles. Les ballonnements et les gaz arrivent en tête : le chou, l’oignon et le poireau fermentent dans l’intestin. Mastiquer lentement, infuser du fenouil ou de la menthe et ajouter du cumin à la soupe aident souvent. Si cela devient très pénible, mixer davantage la soupe en facilite la digestion.

La fatigue et la faim sont le second front. Avec peu de protéines et de lipides, la sensation de vide, l’irritabilité et la baisse de concentration sont courantes. Réduire l’activité physique intense, dormir davantage et répartir les repas en plusieurs prises limite la casse. Les maux de tête, souvent liés à la baisse de la caféine ou du sucre, se gèrent avec de l’eau et un café modéré le matin. La perte de poids rapide que certains constatent vient surtout de l’eau, pas de la graisse.

Certains signes doivent faire arrêter le régime sans attendre et consulter : vertiges persistants ou malaises, palpitations, douleurs abdominales vives, crampes musculaires marquées, nausées ou vomissements, confusion, fatigue extrême. Même consigne si vous prenez un traitement et constatez des effets inhabituels, ou si l’idée de manger devient une source d’angoisse.

Sortir du régime en quatre jours

Reprendre ses habitudes d’un coup renvoie à l’organisme un afflux de calories et de sel auquel il n’est plus préparé, avec fatigue digestive et rétention d’eau. Mieux vaut une reprise graduée sur trois à quatre jours.

Le jour 8, on garde la soupe en entrée et on réintroduit des protéines maigres (œuf, poisson, volaille) avec des légumes et une portion de féculents complets. Le jour 9, on ajoute des produits laitiers (yaourt nature, fromage blanc) et un fruit au petit-déjeuner. Le jour 10, le pain complet revient avec les repas, en quantité modérée. Le jour 11, on retrouve une alimentation variée, construite sur les repères de Santé publique France : des fruits et légumes à chaque repas, des légumineuses, des féculents complets, du poisson, peu de produits ultra-transformés.

La soupe de chou n’est pas à jeter pour autant. Servie en entrée légère ou en dîner complété de pain complet et d’un œuf, elle trouve sa place sans régime. Les variantes ne manquent pas : une velouté de potimarron recette en alternative réconfortante, ou un potage plus riche selon quelle est la différence entre la soupe, le potage, le velouté et le consommé ? pour choisir la texture qui rassasie le mieux.

Questions fréquentes sur le régime soupe aux choux

Quel est le programme du régime soupe aux choux sur 7 jours ?
Soupe à volonté chaque jour, plus des fruits (jour 1), des légumes (jour 2), des fruits et légumes (jour 3), des bananes et du lait écrémé (jour 4), du bœuf ou du poulet avec des tomates (jour 5), de la viande et des légumes (jour 6), puis du riz complet, des légumes et du jus de fruits sans sucre (jour 7).

Peut-on manger du pain ?
Non, le pain n’est autorisé à aucun moment du programme standard.

Combien de temps peut-on le suivre, et peut-on le répéter ?
Sept jours au maximum, jamais à la suite, et jamais sans avoir vérifié qu’aucune contre-indication ne s’applique.

Quels sont les dangers ?
Carences, perte de masse maigre, fatigue, troubles digestifs, interactions avec certains traitements (notamment les anticoagulants, à cause de la vitamine K du chou) et risque de reprise de poids. Les personnes fragiles sont les plus exposées.

Peut-on boire du café ou du thé ?
Oui, sans sucre ni lait, avec modération.

Avant d’entamer le programme, prenez dix minutes pour appeler votre médecin traitant ou prendre rendez-vous avec un diététicien : il pourra vous proposer, si votre objectif est de perdre du poids durablement, un plan équilibré fondé sur les recommandations de la HAS et du PNNS, bien plus fiable qu’une semaine de soupe.

Notez ce post