Rincez le basmati à l’eau froide jusqu’à ce qu’elle soit presque claire, versez-le dans un grand récipient micro-ondable avec environ 1,5 volume d’eau pour 1 volume de riz, puis couvrez sans fermer hermétiquement. Chauffez à pleine puissance jusqu’à l’ébullition (4 à 5 minutes), poursuivez à puissance moyenne, autour de 360 à 450 W, pendant 8 à 10 minutes. Laissez reposer 5 minutes sous le couvercle, égrenez à la fourchette. Ces temps restent indicatifs : ils bougent avec la puissance du four, la quantité et le récipient.
Le basmati au micro-ondes : ce qui le distingue et le matériel qu’il lui faut
Un grain de basmati cuit s’allonge presque du double et reste fin comme une aiguille. C’est ce qui fait sa réputation, et c’est aussi ce qui le rend fragile. Plus riche en amylose qu’un riz rond, il reste naturellement séparé à condition de ne pas être noyé, brassé ou cuit trop fort. Un riz rond pardonne l’excès d’eau et finit simplement crémeux. Le basmati, lui, s’effondre en bouillie ou casse en morceaux.
Le micro-ondes ajoute une difficulté : l’eau y bout de façon désordonnée et déborde vite. D’où une règle simple pour le matériel. Choisissez un récipient au moins trois à quatre fois plus grand que le volume de riz et d’eau réunis. Pour 2 portions (environ 350 ml au total), un saladier de 1,5 litre est un bon repère. Verre, céramique ou plastique portant la mention « micro-ondable » conviennent. Évitez tout décor métallique, même un liseré doré.
Le couvercle sert à retenir la vapeur, pas à sceller le récipient. Un couvercle micro-ondable posé en décalé, ou muni d’un évent, fait l’affaire. Une assiette plate retournée dessus fonctionne aussi, tout comme un film alimentaire estampillé micro-ondes, percé de quelques trous et sans contact avec le riz. Un récipient hermétiquement fermé, en revanche, monte en pression et projette de l’eau bouillante à l’ouverture. Et oui, on peut très bien cuire du basmati sans cuiseur spécial : un simple saladier suffit. Pour un bol dédié, les doses sont différentes, et chaque modèle a les siennes.
Rincer, doser, cuire : le protocole pas à pas
Le rinçage et la dose d’eau
Faut-il rincer le basmati avant de le cuire au micro-ondes ? Oui, et sans paresse. La poudre d’amidon déposée à la surface des grains est la première responsable du collage : elle épaissit l’eau de cuisson et soude les grains entre eux. Placez le riz dans une passoire fine ou un bol, couvrez d’eau froide, remuez doucement du bout des doigts, jetez l’eau et recommencez. Trois à quatre passages suffisent en général, jusqu’à obtenir une eau presque claire (pas parfaitement limpide, elle ne le sera jamais). Égouttez bien : une cuillerée d’eau de rinçage restante fausse déjà le dosage.
Pour la dose d’eau, le repère le plus fiable est de 1,5 volume d’eau pour 1 volume de riz. Les emballages des grandes marques tournent autour de cette valeur, avec des écarts de l’ordre de 10 à 20 % selon les variétés et les lots. Le paquet fait donc foi pour la première cuisson. Voici les quantités de départ :
| Portions | Riz basmati blanc (grammes) | Riz (volume) | Eau (volume) | Marge d’ajustement |
|---|---|---|---|---|
| 1 | 60 g | 75 ml | 110 ml | +/- 10 ml |
| 2 | 120 g | 150 ml | 225 ml | +/- 20 ml |
| 4 | 240 g | 300 ml | 450 ml | +/- 40 ml |
Ajoutez la marge si votre marque réclame un riz plus humide, retirez-la si vos essais donnent un riz collant. Un verre doseur gradué est plus précis qu’une tasse à café, dont la contenance varie du simple au double d’un service à l’autre.
Reste la question du trempage. Laisser le basmati 15 à 30 minutes dans l’eau froide n’est pas obligatoire au micro-ondes, un bon rinçage suffit. Si vous le faites, égouttez, réduisez l’eau d’environ 10 à 20 % et raccourcissez la phase à puissance réduite de deux à trois minutes. Le gain tient surtout à des grains un peu plus réguliers, au prix d’une demi-heure d’attente.
Les trois étapes de cuisson
Première étape : riz rincé et eau dans le récipient, couvercle posé sans fermer, pleine puissance jusqu’à l’ébullition. Comptez 4 à 5 minutes à 800 W pour 2 portions. Le signal est visuel : l’eau frémit nettement, de la vapeur s’échappe sous le couvercle. Ne ratez pas ce moment, car l’ébullition franche est ce qui amorce l’hydratation des grains.
Deuxième étape : réduisez la puissance à 360-450 W (la touche « décongélation » ou « mijotage » selon les appareils) et poursuivez 8 à 10 minutes, sans ouvrir. Cette cuisson douce évite que l’eau déborde et laisse le grain s’allonger sans éclater. Soulever le couvercle en cours de route fait chuter la température et rallonge le temps.
Troisième étape : coupez, laissez reposer 5 minutes couvert. Ce repos fait partie de la cuisson. L’eau résiduelle migre vers le cœur des grains, la vapeur termine le travail, l’ensemble se détend. Sauter cette phase donne un riz humide en surface et ferme au centre. Égrenez ensuite à la fourchette, par petits mouvements du bas vers le haut, jamais à la cuillère qui écrase.
Pour vérifier que le riz est prêt, cherchez ces quatre signes :
- l’eau a entièrement disparu, sans flaque au fond ;
- de petits trous, comme des cratères, parsèment la surface ;
- les grains sont allongés, bien séparés, brillants sans être gluants ;
- un grain croqué est tendre jusqu’au centre, sans point blanc.
Adapter les temps à la puissance de son micro-ondes
Un four de 600 W et un four de 1000 W ne cuisent pas le même riz au même rythme. Le tableau ci-dessous part de 2 portions (120 g de riz, 225 ml d’eau) dans un grand saladier. Pour un panorama plus large des réglages selon l’aliment, consultez notre guide sur le temps de cuisson au micro-ondes.
| Puissance | Phase 1 : ébullition (pleine puissance) | Phase 2 : cuisson douce | Repos couvert |
|---|---|---|---|
| 600 W | 6 à 7 min | 12 à 14 min à 360 W | 5 min |
| 800 W | 4 à 5 min | 9 à 11 min à 450 W | 5 min |
| 1000 W | 3 à 4 min | 8 à 9 min à 450-500 W | 5 min |
Pour 1 portion, retirez environ 20 % du temps ; pour 4 portions, ajoutez 30 à 40 % en phase 1 et 2 à 4 minutes en phase 2. La puissance réelle se lit sur la plaque signalétique ou dans la notice, pas sur le bouton.
Comment ne pas gâcher un kilo de riz pour calibrer son appareil ? Faites un premier essai avec 1 portion seulement (60 g, 110 ml d’eau). Notez l’heure d’ébullition, le temps de phase 2, puis comparez avec la checklist visuelle. Eau restante : ajoutez 2 minutes la fois suivante. Grains durs au centre : ajoutez 1 à 2 minutes ou 15 ml d’eau. Riz trop mou : retirez 1 minute. Collez ces chiffres sur un post-it à l’intérieur d’un placard, et vous ne referez plus l’essai.
Le basmati complet obéit à d’autres règles. Son enveloppe de son retarde l’absorption : prévoyez environ 2 volumes d’eau pour 1 de riz, 10 à 15 minutes de cuisson douce en plus et un repos de 5 à 10 minutes. Le trempage y est plus utile que pour le blanc. Suivez l’emballage, les écarts entre marques sont plus marqués que sur le blanc.
Rattraper un basmati raté, le parfumer et le conserver
Un raté a presque toujours une cause identifiable. Voici le diagnostic le plus courant :
| Symptôme | Cause probable | Correction immédiate |
|---|---|---|
| Riz collant, pâteux | Rinçage insuffisant, trop d’eau, brassage excessif | Étaler sur une plaque 2 minutes pour évaporer, égrener à la fourchette ; la prochaine fois, rincer davantage et réduire l’eau de 10 % |
| Centre dur, croquant | Eau insuffisante, repos sauté, puissance trop faible | Ajouter 2 à 3 cuillères à soupe d’eau chaude, couvrir, 1 à 2 minutes à puissance réduite, puis 5 minutes de repos |
| Eau qui déborde | Récipient trop petit, phase 1 trop longue | Passer en puissance réduite, essuyer le bord, prendre un saladier plus grand ensuite |
| Bords secs, fond humide | Couvercle trop ouvert, cuisson trop vive | Remuer délicatement, couvrir de nouveau, laisser reposer 5 à 10 minutes |
| Grains cassés | Brassage en cours de cuisson, rinçage trop vigoureux | Rien à rattraper ; la prochaine fois, ne remuez qu’à la fin et rincez à la main, doucement |
Pour le goût, deux moments comptent. Les épices entières (cardamome, clou de girofle, bâton de cannelle, graine de cumin) se glissent dans l’eau avant la cuisson, où elles diffusent leur parfum. Une noisette de beurre ou un filet d’huile peut les accompagner : le gras enrobe les grains et aide à les séparer. Le sel, lui, se dose dans l’eau, environ une demi-cuillère à café pour 2 portions. Beurre frais, herbes et citron s’ajoutent à la fin, juste après l’égrenage.
Le riz cuit n’est jamais tout à fait inoffensif. Les spores de Bacillus cereus survivent à la cuisson et, laissées à température ambiante, produisent des toxines que le réchauffage ne détruit pas. Les autorités sanitaires françaises recommandent donc de refroidir le riz rapidement, dans l’heure qui suit la cuisson en l’étalant dans un plat large, puis de le placer au réfrigérateur et de le consommer sous 48 heures environ. Pour réchauffer, ajoutez une cuillerée d’eau, couvrez et chauffez jusqu’à ce que le riz soit brûlant à cœur et fumant, une seule fois. Vérifiez les consignes sur le site de l’ANSES ou de votre ministère de l’Agriculture si vous cuisinez pour des enfants en bas âge ou des personnes fragiles.
La méthode vaut pour le basmati blanc nature. Pour d’autres préparations, deux pages sœurs détaillent la cuisson à la vapeur et celle du riz en sachet, tandis que le guide général pour faire cuire du riz basmati au micro onde et les autres variétés couvre les bases communes. Lancez dès ce soir l’essai à 1 portion, notez vos temps, et gardez la cuisson de 4 portions pour la fois suivante. Le calibrage prend un quart d’heure, et c’est le seul réglage que votre four ne fera jamais à votre place.

