Verre, porcelaine, céramique sans décor métallique et plastiques marqués « micro-ondes » : ces matières passent. Le métal, le papier aluminium, la vaisselle à liseré doré ou argenté, le polystyrène et les contenants sans indication (pots de yaourt, de margarine, barquettes de plats à emporter) restent à l’écart. Le couvercle, lui, est recommandé, à une condition : laisser la vapeur s’échapper. Posé sans serrer, ventilé ou entrouvert, jamais hermétiquement fermé.
Les ondes, à 2,45 GHz, traversent le verre, la porcelaine et les plastiques adaptés, sont absorbées par l’eau, les graisses et les sucres de l’aliment, et rebondissent sur le métal, d’où les arcs électriques et les étincelles. Un contenant adapté absorbe très peu d’énergie, mais il chauffe quand même, par contact avec l’aliment brûlant.
La réponse rapide : ce qui passe, ce qui ne passe pas
Un bon réflexe est de raisonner en trois familles : les matières neutres pour les ondes, celles qui les réfléchissent, et celles qui les laissent passer mais ne supportent pas la chaleur de l’aliment.
Dans la première famille, on trouve le verre, la porcelaine, la céramique et le grès sans décor métallique, ainsi que les plastiques dont le fabricant garantit l’usage au micro-ondes, souvent du polypropylène (PP).
La deuxième famille, celle des matières à proscrire, regroupe le métal sous toutes ses formes (inox, aluminium, cuivre), la vaisselle à décor doré ou argenté, le polystyrène et les plastiques non prévus pour cet usage. Le métal provoque des arcs. Le polystyrène se ramollit, se déforme, parfois fond au contact d’un aliment gras. Quant aux plastiques non adaptés, ils peuvent se déformer et relâcher des substances dans l’aliment, ce que le règlement (UE) n° 10/2011 encadre pour les plastiques au contact alimentaire, dans les conditions d’emploi prévues par le fabricant. Hors de ces conditions, aucune garantie.
Les contenants sans mention ne sont pas interdits par la loi : le fabricant n’a simplement pas validé leur usage au micro-ondes. En pratique, c’est un « non » prudent. Le plus simple consiste à transvaser l’aliment dans du verre ou de la porcelaine.
Le test de la tasse d’eau pour un contenant dont on doute
Quand un bol ou une assiette n’affiche rien, posez le contenant vide dans l’appareil avec un verre d’eau froide à côté, puis lancez la puissance maximale pendant environ une minute. Si le contenant reste froid ou à peine tiède, il laisse passer les ondes. S’il est chaud, il les absorbe : à écarter.
Ce test ne remplace jamais l’indication du fabricant : il ne dit rien de la tenue à une chaleur prolongée ni d’une éventuelle migration de substances. Il ne s’applique jamais à du métal ou à une pièce à décor doré. Ne le faites pas non plus sans le verre d’eau, car un four qui tourne à vide s’abîme.
Tableau de décision : matière par matière
« Sous conditions » signifie que la matière convient si l’on respecte le point cité.
| Matière | Verdict | Raison |
|---|---|---|
| Verre, verre trempé, Pyrex | Compatible sous conditions | Transparent aux ondes, mais sensible au choc thermique et aux fêlures |
| Porcelaine, grès, céramique sans décor métallique | Compatible | Laissent passer les ondes, émail intact |
| Vaisselle à liseré doré ou argenté | À éviter | Le décor métallique crée des arcs électriques |
| Plastique marqué micro-ondes (souvent PP) | Compatible sous conditions | Testé par le fabricant, avec une température maximale à respecter |
| Plastique sans mention, pots de yaourt ou de margarine | À éviter | Usage non garanti, risque de déformation et de migration |
| Polystyrène, barquettes de plats à emporter sans mention | À éviter | Se ramollit et se déforme avec la chaleur |
| Métal, inox, papier aluminium | À éviter | Réfléchit les ondes, étincelles et dommages à l’appareil |
| Papier cuisson, papier sulfurisé, essuie-tout | Compatible sous conditions | Pour couvrir ou protéger, sur durée courte, sans impression ni métal |
| Carton, bois, bambou | Compatible sous conditions | Tolérés brièvement et secs, mais risque de dessèchement, de fissures ou de colles et vernis |
| Silicone alimentaire | Compatible sous conditions | Supporte la chaleur, à vérifier selon la notice |
| Mélamine | À éviter | Chauffe mal, abîmée par la chaleur, non conçue pour cet usage |
| Terre cuite | Compatible sous conditions | Émaillée et sans fissure uniquement, car la terre nue retient l’eau |
| Film alimentaire | Compatible sous conditions | Uniquement s’il est prévu pour, sans contact direct avec l’aliment, avec aération |
Détaillons les cas qui posent le plus de questions.
Le verre et le Pyrex sont des valeurs sûres, mais un plat en verre peut casser. La cause est presque toujours un choc thermique : un plat sorti du congélateur et réchauffé trop fort, ou un plat brûlant posé sur un plan de travail froid ou mouillé. La notice du fabricant fixe les écarts de température tolérés. Un verre fêlé ou ébréché sort définitivement du circuit.
Côté céramique, grès et porcelaine, le décor est le point de vigilance : liseré doré ou argenté, inscription métallisée, motif brillant contenant des particules de métal peuvent provoquer des étincelles. Même sans décor, un émail craquelé laisse l’eau pénétrer dans la matière, qui chauffe alors de façon inégale et risque de se fendre.
Pour les plastiques, seul le pictogramme micro-ondes, ou la mention équivalente, garantit que le fabricant a validé l’usage. La tenue du polypropylène dépend de la température maximale indiquée. Or les aliments gras ou sucrés peuvent dépasser 100 °C, ce qui peut déformer un plastique pourtant adapté à l’eau chaude. Les sacs de congélation ne vont au micro-ondes que s’ils le précisent, et il faut alors les perforer ou les ouvrir. Les barquettes de plats à emporter sont à vider dans une assiette en verre ou en porcelaine.
Le métal mérite sa mauvaise réputation : fourchette, couvercle en inox, casserole, les ondes se réfléchissent, les pointes concentrent la charge et les arcs apparaissent. Le papier aluminium est un cas à part : certains fabricants tolèrent de petites protections ou des barquettes en alu prévues à cet effet, à distance des parois et sans couvercle métallique, d’autres l’interdisent purement et simplement. Sans consigne claire dans la notice, la règle reste : non.
Pour le bois, le bambou, le carton et le papier, la tolérance est étroite : quelques secondes au mieux, car ils se dessèchent et se fendent. Le papier cuisson, le papier sulfurisé et l’essuie-tout blanc non imprimé conviennent pour couvrir. Le carton simple, sans revêtement métallique, ne doit pas servir à chauffer longtemps : il peut brunir ou prendre feu.
Lire les symboles et mentions sur le contenant
Retournez le contenant. Le pictogramme micro-ondes, un carré ou un four stylisé avec des ondulations, accompagne souvent la mention « passe au micro-ondes » ou « micro-ondable ». À côté, une température maximale ou une durée recommandée précise les limites d’emploi. C’est la référence à suivre en priorité, parce qu’elle engage le fabricant.
Ce qu’il garantit est précis : le contenant a été conçu et testé pour cet usage, dans les conditions indiquées. Il ne garantit ni l’absence de choc thermique, ni l’usage avec un aliment très gras ou sucré, ni une durée illimitée. Autre piège fréquent : le symbole « verre et fourchette » atteste seulement que le matériau est destiné au contact alimentaire. Il ne dit rien sur le micro-ondes.
Quand aucune mention n’est visible, trois options : transvaser l’aliment dans du verre ou de la porcelaine, solution la plus sûre ; consulter le site du fabricant ou la notice ; ou, en dernier recours et pour un contenant non métallique, pratiquer le test de la tasse d’eau.
Faut-il un couvercle au micro-ondes ?
Oui, dans la plupart des cas, avec une règle claire : couvrir, mais laisser la vapeur s’échapper. Le couvercle retient les éclaboussures qui encrassent la cavité, conserve l’humidité utile pour le riz, la semoule ou les légumes, rend la cuisson plus homogène et limite le dessèchement d’un plat réchauffé.
Le danger vient d’un couvercle hermétique. Dans une enceinte fermée, la vapeur monte en pression, soulève le couvercle brutalement ou le fait sauter à l’ouverture. Un couvercle ajouré, ventilé, simplement posé sans serrer ou entrouvert d’un côté évite ce risque tout en gardant la chaleur humide. À l’ouverture, soulevez toujours le couvercle en l’éloignant du visage : la vapeur accumulée brûle plus vite que l’aliment. Prévoyez des maniques, car le contenant est souvent plus chaud que son contenu.
Plusieurs solutions de couverture coexistent. Le couvercle ventilé, fourni avec de nombreuses boîtes micro-ondables, convient aux plats du quotidien. L’assiette retournée, en verre ou en porcelaine sans décor métallique, dépanne pour un bol de riz ou de soupe, à condition qu’elle ne ferme pas hermétiquement. La cloche au dôme percé protège contre les éclaboussures. Le film alimentaire, uniquement s’il est indiqué compatible, doit être perforé et ne pas toucher l’aliment. Le papier sulfurisé couvre légèrement une assiette de légumes ou un filet de poisson, pour de la vapeur sans pression.
Dans quelques situations, mieux vaut s’abstenir. Un aliment censé rester croustillant (pizza, friture, viennoiserie) ramollit sous couvercle, et une sauce qui doit réduire reste liquide. On peut alors poser une feuille d’essuie-tout sous l’aliment pour absorber l’humidité.
Les erreurs fréquentes et les gestes à adopter
Un œuf entier, avec sa coquille ou même sans percer le jaune, peut éclater : la vapeur s’accumule à l’intérieur plus vite qu’elle ne s’évacue. Un liquide chauffé dans un récipient lisse peut dépasser le point d’ébullition sans bouillir, puis jaillir au moindre mouvement. Le remède : réchauffer par intervalles courts, laisser reposer quelques instants avant de sortir le récipient, et utiliser un contenant ouvert pour les boissons.
Les boîtes en plastique rayées, ternies, déformées ou colorées par la sauce tomate ne sont plus fiables : les microfissures abritent des résidus et la déformation indique que le matériau a dépassé sa limite. On les remplace.
Dernier risque : la surchauffe locale. Un plat trop plein qui déborde ou un aliment très gras ou sucré (confiture, fromage fondu, sauce au beurre) peut atteindre des températures bien supérieures à l’eau et dégrader un contenant pourtant compatible. Remplissez aux deux tiers au maximum, remuez à mi-parcours et respectez des durées courtes.
Étincelles, odeur de plastique, contenant déformé : que faire ?
Les étincelles viennent presque toujours de métal oublié ou d’un décor doré. L’odeur de plastique signale un matériau qui chauffe trop. La déformation indique que le contenant a dépassé sa limite. Dans les trois cas, la réaction suit le même ordre.
- Arrêter immédiatement l’appareil et débrancher, sans ouvrir en panique si des flammes sont visibles : dans ce cas, garder la porte fermée pour étouffer le feu.
- Aérer la pièce, surtout en cas d’odeur de plastique ou de fumée.
- Attendre le refroidissement, puis sortir le contenant avec des maniques.
- Inspecter la cavité : traces de brûlure, plastique fondu, zone noircie ou éclat de peinture dans l’intérieur.
- Nettoyer les résidus, jeter le contenant fautif et ne pas relancer l’appareil si des marques d’arc persistent.
Si le dommage se répète, ou si l’intérieur du four est abîmé, un contrôle par un professionnel s’impose avant de le réutiliser.
Cas pratiques : riz, semoule, légumes et poisson
Pour le riz et la semoule, privilégiez un grand récipient en verre ou en porcelaine, nettement plus grand que le volume de riz et d’eau, car l’eau mousse et déborde. Couvrez avec un couvercle ventilé ou une assiette posée de travers. Les doses et durées pour cuire du riz au micro-ondes sont détaillées dans la page dédiée, tandis que le réchauffage figure dans réchauffer un couscous sans qu’il sèche, toutes les méthodes.
Pour les légumes vapeur et le poisson, le verre ou la porcelaine reste le choix le plus neutre, avec un fond d’eau pour les légumes. Une cloche perforée ou un papier sulfurisé posé en voile retient l’humidité sans créer de surpression. Pour le poisson, on évite le film en contact avec la chair et on laisse toujours une ouverture. Les durées et puissances pour les légumes, comme pour le riz et la semoule, sont regroupées dans la page micro-ondes : temps et puissance pour riz, semoule et légumes.
Pour un cuiseur dédié, le cuiseur micro-ondes Tupperware ou Sistema explique comment bien utiliser ce type d’accessoire.

