Huile de colza ou d’olive pour la cuisson et les assaisonnements, margarine végétale à composition favorable pour les tartines, purée d’amande, avocat ou compote pour certaines préparations : voilà les remplaçants du beurre à privilégier quand le LDL-cholestérol est trop haut. Ce qu’il faut éviter de mettre à la place ? L’huile de coco, presque deux fois plus riche en graisses saturées que le beurre, et les beurres végétaux qui en contiennent beaucoup.
En bref : par quoi remplacer le beurre quand on a du cholestérol ?
Le principe tient en une phrase : on ne cherche pas à supprimer la matière grasse, on cherche à remplacer des graisses saturées par des graisses insaturées. Quatre familles de substituts couvrent presque tous les usages :
- les huiles riches en insaturés (colza, olive, noix) pour la poêle, le four, les sauces et les assaisonnements ;
- les margarines végétales à composition favorable pour les tartines et certaines préparations ;
- les purées d’oléagineux et l’avocat pour les tartines et la pâtisserie ;
- la compote ou le yaourt nature pour alléger les gâteaux.
Une margarine enrichie en phytostérols peut s’ajouter à ce socle, sur avis médical. Elle ne le remplace pas.
Cette page ne remplace pas non plus une consultation. Si vous suivez un traitement hypocholestérolémiant, notamment par statines, votre médecin reste seul juge de ce qui convient à votre situation.
Pourquoi le beurre pose question quand le LDL-cholestérol est élevé
On accuse souvent le beurre de contenir « du cholestérol ». C’est une demi-vérité. Le cholestérol alimentaire influence peu le cholestérol sanguin chez la plupart des gens, car le foie ajuste sa propre production. Le vrai sujet, ce sont les acides gras saturés, qui poussent le LDL-cholestérol à la hausse. Or le beurre en contient environ 50 g pour 100 g selon la table Ciqual de l’ANSES, soit à peu près la moitié de son poids.
Le repère officiel : l’ANSES recommande depuis son avis de 2010 et son rapport de 2011 de ne pas dépasser 12 % de l’apport énergétique (hors alcool) en acides gras saturés. Pour 2 000 kcal par jour, cela représente environ 27 g au maximum, et une quantité plus faible encore pour qui cherche à faire baisser son LDL. Les lipides totaux, eux, se situent dans une fourchette de 35 à 40 % de l’énergie, soit environ 78 à 89 g par jour pour ce même apport. Matière grasse cachée comprise : le gras des fromages, des plats cuisinés et des biscuits compte autant que celui de la plaquette.
Faut-il pour autant bannir le beurre ? Non. Une noix de beurre de temps en temps ne ruine pas un profil lipidique, mais le remplacement du beurre par des huiles végétales insaturées est associé à un risque cardiovasculaire plus faible. D’où le conseil qui revient dans les recommandations des cardiologues européens : réduire la part des graisses saturées et la compenser par des insaturées, dans l’esprit du régime méditerranéen. Réduire plutôt qu’interdire.
Les meilleures alternatives au beurre, du plus simple au plus ciblé
Huile de colza, d’olive, de noix : le socle quotidien
Pour cuisiner, les huiles végétales liquides sont les remplaçantes les plus simples. L’huile de colza contient environ 7 g d’acides gras saturés pour 100 g, soit sept fois moins que le beurre, et elle apporte des oméga-3. L’huile d’olive tourne autour de 14 à 15 g, avec une majorité de graisses mono-insaturées. L’huile de noix, vers 9 à 10 g, est riche en oméga-3 mais fragile à la chaleur : réservez-la aux salades et aux assaisonnements.
Quelle huile pour quelle cuisson ? L’huile d’olive supporte la poêle à feu modéré et le four. Le colza convient aux cuissons douces, aux sauces et à la pâtisserie salée. Une alternance entre les deux, avec un filet de noix cru en finition, couvre les besoins en acides gras de la plupart des repas. Pour convertir une recette, le tableau des équivalences entre beurre et huile évite les tâtonnements.
Margarines et pâtes à tartiner végétales : lire avant d’acheter
La margarine est-elle meilleure que le beurre pour le cholestérol ? Cela dépend entièrement de sa composition. Une margarine à base d’huiles de colza, de tournesol ou d’olive affiche souvent entre 15 et 25 g de graisses saturées pour 100 g selon les produits, contre environ 50 g pour le beurre. Une margarine dont les premiers ingrédients sont l’huile de palme ou de coco se rapproche, elle, du profil du beurre. Les margarines modernes vendues en France contiennent en général très peu d’acides gras trans : la réglementation européenne plafonne les trans industriels à 2 g pour 100 g de matière grasse depuis avril 2021. Les produits les plus anciens ou les plus durs demandent toutefois un coup d’œil à la liste d’ingrédients.
Margarines enrichies en phytostérols : un complément ciblé
Les phytostérols et stanols végétaux ressemblent au cholestérol et en gênent l’absorption dans l’intestin. L’EFSA reconnaît qu’une consommation de 1,5 à 3 g par jour fait baisser le LDL-cholestérol d’environ 7 à 10 % en deux à trois semaines, à condition d’en consommer chaque jour avec un repas.
Phytostérols : ce qu’il faut savoir. La dose efficace se situe entre 1,5 et 3 g par jour, soit la portion indiquée sur l’emballage (elle varie selon la concentration du produit). Au-delà de 3 g, aucun bénéfice supplémentaire n’est démontré. Ces produits ne conviennent pas aux enfants de moins de 5 ans, ni aux femmes enceintes ou allaitantes, sauf avis médical, et ils n’ont aucun intérêt démontré chez une personne dont le cholestérol est normal. Ils peuvent réduire un peu l’absorption des caroténoïdes : fruits et légumes colorés restent au menu. Ils se cumulent avec un traitement, ils ne le remplacent jamais.
Autre point de vigilance : ces margarines coûtent plus cher et n’ont d’intérêt que si elles remplacent réellement une matière grasse saturée, pas si elles s’ajoutent au beurre.
Pour la pâtisserie et les tartines, d’autres substituts entrent en jeu. La purée d’amande ou de noisette (de l’ordre de 5 à 8 g de saturés pour 100 g) apporte du gras de qualité et du goût. L’avocat écrasé, autour de 3 à 4 g, s’étale très bien sur du pain complet. Dans un gâteau, la compote remplace une partie du beurre sans graisse saturée : les proportions de chaque substitut sont détaillées dans l’article Substituts du beurre : les bonnes quantités par ingrédient, et le guide plat par plat pour remplacer le beurre dans une recette passe en revue les recettes une à une.
Ce qu’il vaut mieux éviter ou limiter comme substitut
L’huile de coco a bonne réputation dans les rayons « bien-être ». Les chiffres la contredisent : elle contient environ 85 à 90 g d’acides gras saturés pour 100 g, presque le double du beurre. Une cuillère à soupe (environ 13 g) apporte donc de l’ordre de 11 à 12 g de saturés. Rapporté au plafond de 12 % de l’énergie pour 2 000 kcal, cela fait plus de 40 % de la limite quotidienne en un seul geste. Remplacer du beurre par de l’huile de coco revient à changer de marque de graisse saturée, pas à en réduire la part.
Les beurres végétaux méritent le même scepticisme. Beaucoup reposent sur de l’huile de coco ou de palme, en proportion variable : seule la liste d’ingrédients tranche. Les versions faites maison avec des huiles liquides sont une piste plus favorable, présentée dans l’article consacré au beurre végétal.
L’huile de palme (environ 45 à 50 g de saturés pour 100 g) se cache dans de nombreux produits industriels : biscuits, viennoiseries, pâtes à tartiner, margarines dures. Elle peut aussi se cacher sous l’intitulé « graisses végétales » ou « huiles végétales », suivi de l’origine entre parenthèses (palme, coco…) : lisez la liste jusqu’au bout.
Tableau comparatif : graisses saturées et usages recommandés
Les valeurs ci-dessous sont des ordres de grandeur issus de la table Ciqual de l’ANSES. Elles varient d’un produit à l’autre, notamment pour les margarines : l’étiquette du produit fait foi.
| Substitut | Saturés pour 100 g (environ) | Profil dominant | Usage conseillé | Point de vigilance |
|---|---|---|---|---|
| Beurre (référence) | 50 g | Saturés | Occasionnel | Fréquence et portions |
| Huile de colza | 7 g | Mono-insaturés, oméga-3 | Cuisson douce, sauces, assaisonnement | Éviter les fortes chaleurs |
| Huile d’olive | 14 à 15 g | Mono-insaturés | Poêle modérée, four, salades | Calories élevées |
| Huile de noix | 9 à 10 g | Polyinsaturés, oméga-3 | Assaisonnement à froid | Ne supporte pas la chauffe |
| Margarine végétale | 15 à 25 g | Variable selon les huiles | Tartines, pâtisserie | Palme ou coco en tête d’ingrédients |
| Purée d’amande | 5 à 8 g | Mono-insaturés | Tartines, gâteaux | Portion modérée, très énergétique |
| Avocat | 3 à 4 g | Mono-insaturés | Tartines, préparations froides | Se conserve mal |
| Huile de palme | 45 à 50 g | Saturés | À limiter | Produits industriels |
| Huile de coco | 85 à 90 g | Saturés | À éviter si LDL élevé | Image « santé » trompeuse |
Remplacer le beurre au quotidien : le bon réflexe selon le moment
Au petit-déjeuner, la tartine peut se passer de beurre : une fine couche de margarine bien choisie, d’avocat écrasé avec un trait de citron ou de purée d’amande suffit, surtout sur du pain complet. Le beurre sert surtout de véhicule pour la confiture ou le miel, un rôle que ces alternatives tiennent sans difficulté.
À la poêle, au four et en sauce, l’huile s’impose. Une cuillère à café d’huile d’olive suffit souvent pour saisir un poisson ou des légumes dans une poêle antiadhésive. Pour une béchamel ou une sauce, on peut cuire la farine dans un peu d’huile de colza et mouiller avec du lait demi-écrémé.
En pâtisserie, le remplacement demande de la méthode : une compote peut remplacer une partie du beurre dans un cake ou un muffin, une huile neutre convient aux gâteaux moelleux, les cookies s’accommodent bien de purée d’amande. Le résultat est plus humide et moins friable, ce qui est loin d’être un défaut dans un gâteau au chocolat. Pour les pâtes et les purées, un filet d’huile d’olive remplace sans regret la noix de beurre habituelle.
Lire l’étiquette : les repères pour choisir une margarine ou une tartinade
Au rayon, cinq vérifications prennent trente secondes :
- l’ordre des ingrédients : les huiles de colza, tournesol ou olive doivent précéder tout le reste ;
- la présence d’huile de palme ou de coco, surtout dans les trois premières places ;
- les matières grasses totales et, surtout, la ligne « dont acides gras saturés » ;
- l’absence de mention « graisses hydrogénées » ou « partiellement hydrogénées » ;
- le Nutri-Score, utile pour comparer deux produits de la même catégorie, à condition de ne pas s’y arrêter.
Une margarine à 80 % de matière grasse et une pâte à tartiner allégée à 40 % ne se comparent pas à grammes égaux : regardez la portion réellement consommée.
Les erreurs fréquentes quand on remplace le beurre pour son cholestérol
La première : croire que « végétal » signifie « bon pour le cœur ». Un produit végétal peut être aussi saturé qu’un beurre, la coco en est la preuve. La deuxième : remplacer le beurre mais pas la crème épaisse, le fromage, la charcuterie ni les produits industriels, qui apportent souvent plus de graisses saturées qu’une tartine beurrée. La troisième : verser l’huile à la louche. Une huile d’olive apporte environ 900 kcal pour 100 g, et surcharger le plat revient à troquer un problème de cholestérol contre un problème de poids. Quatrième erreur, plus discrète : consommer une margarine à phytostérols en plus du beurre, ou la croire capable de compenser un repas très gras. Enfin, arrêter ou diminuer un traitement parce que l’alimentation s’améliore ne se fait jamais sans l’accord du médecin.
Quand en parler à son médecin ou à un diététicien
Consultez dès qu’un bilan lipidique montre un LDL élevé, dès qu’un traitement est prescrit, ou avant d’introduire des produits enrichis en phytostérols. Les antécédents cardiovasculaires personnels ou familiaux, le diabète, l’hypertension ou une hypercholestérolémie familiale justifient un suivi plus rapproché. Un diététicien aide à traduire les objectifs en menus concrets, y compris pour les repas pris à l’extérieur.
Questions fréquentes
Peut-on manger du beurre quand on a du cholestérol ? Oui, en petite quantité et occasionnellement, si le reste de l’alimentation est pauvre en graisses saturées et que votre médecin n’a pas donné de consigne contraire.
L’huile de coco est-elle bonne pour le cholestérol ? Non, elle contient environ 85 à 90 g de graisses saturées pour 100 g, davantage que le beurre.
Les margarines aux phytostérols font-elles vraiment baisser le cholestérol ? Oui, d’environ 7 à 10 % pour le LDL avec 1,5 à 3 g par jour, selon l’EFSA, mais sans remplacer un traitement.
Le beurre végétal est-il autorisé en cas de cholestérol élevé ? Seulement s’il est composé d’huiles liquides riches en insaturés. Beaucoup contiennent beaucoup de coco ou de palme : vérifiez l’étiquette.
Quelle quantité de matière grasse par jour ? L’ANSES situe les lipides totaux entre 35 et 40 % de l’énergie, avec moins de 12 % en acides gras saturés. Votre médecin peut fixer une cible plus basse.
Cette semaine, prenez dix minutes devant votre placard : relisez la liste d’ingrédients de votre margarine ou de votre pâte à tartiner, repérez la ligne « acides gras saturés », puis notez la valeur pour apporter à votre prochain rendez-vous.

